La CPAM ou la MSA peut demander une contre-visite médicale pour valider un arrêt de travail mais un employeur peut également initier cette démarche. C’est ce qu’on appelle alors la contre-visite médicale patronale.
La contre-visite médicale patronale est un mécanisme légal qui permet à l'employeur de mandater un médecin afin qu'il se prononce sur le caractère justifié de l'arrêt de travail d’un salarié, y compris sur sa durée ou sur le respect des obligations afférentes à l’arrêt. Cet outil est une mesure de contrôle mais joue également un rôle clé dans la prévention des abus. Elle permet au final de maintenir une relation équilibrée entre l’employeur et ses salariés.
La contre-visite médicale patronale consiste pour l'employeur à mandater un médecin indépendant et sans lien avec lui pour vérifier si l'arrêt de travail d'un salarié est justifié sur le plan médical. Cette visite s'inscrit dans le cadre des dispositions légales du Code du travail et peut être mise en œuvre dès lors qu’un salarié est en arrêt maladie, sous certaines conditions :
Les employeurs peuvent décider de mettre en place une contre-visite médicale pour plusieurs raisons :
L'employeur doit suivre une procédure rigoureuse pour organiser une contre-visite :
Si le salarié est absent sans fournir de justification lors de la contre-visite, il peut perdre le bénéfice du maintien de salaire complémentaire prévu par l’employeur.
Malgré son intérêt, la contre-visite médicale n’est pas sans limites :
Pour garantir l'efficacité de la contre-visite tout en évitant les tensions, voici quelques recommandations :
Le médecin doit informer l’employeur de ses conclusions, ou de l'impossibilité qu’il a eu de procéder à la contre-visite pour un motif imputable au salarié et sans justification. Il vous revient ensuite de transmettre sans délai cette information au salarié. Si le médecin n’a pas pu procéder à la visite, il doit en informer la CPAM ou la MSA dans les 48 heures.
En l'absence de caractère justifié ou de durée inappropriée, et si le salarié ne reprend pas le travail, vous avez la possibilité de suspendre le versement du maintien de salaire. En revanche, l’employeur ne peut sanctionner ou licencier le salarié pour ce motif.
Pour résumer, la contre-visite médicale patronale est un outil qui, bien utilisé, permet d’assurer un équilibre entre le respect des droits des salariés et les impératifs de gestion des employeurs. En instaurant un climat de confiance et en respectant scrupuleusement les règles, elle peut contribuer à renforcer une relation professionnelle saine et durable.
En revanche, nous vous recommandons de
formaliser une politique claire autour de cette démarche et de se
faire accompagner pour intégrer ce principe dans les contrats de travail afin d’éviter tout litige.
Sources :
Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre) - Contrôle d'un salarié en arrêt de travail : quelles sont les règles ?
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F33908 – vérifié le 6 août 2024
Décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024 relatif à la contre-visite mentionnée à l'article L. 1226-1 du code du travail – LégiFrance https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049888878 - 6 juillet 2024
Editions Lefebvre Dalloz – Valérie Dubois
- 5 septembre 2024
Expert-comptable
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et Maître en droit des affaires.
Situés à Maisons-Alfort, près d'AlfortVille, Créteil, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Paris 12e et Joinville-le-Pont.
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